“C'est dans ton coeur que se trouve les étoiles de ta destinée” 
(dit Seni à Wallenstein)

Faire la peau à quelques croyances alimentaires pour aborder les fêtes avec plus de légèreté

Par Alexandra Palao | 4 décembre 2019
Les fêtes de fin d'année sont pour certains d'entre nous un calvaire. 
Peur de trop manger, de trop boire, de se laisser aller, de se faire plaisir. Peur de grossir. 
Certains redoubleront de jogging et autres pratiques sportives qui viendront éliminer ou adoucir les effets des repas trop copieux. 
Pour d'autres, ce sera la perspective d'un énième régime, d'une vigilance accrue ("je fais attention"  entend-on souvent) qui s'annonce déjà dans les bonnes résolutions de janvier. 

Et si nous faisions la peau à certaines croyances pour alléger le vécu de nos repas de fêtes de fin d'année  ? Pour les vivre dans la joie et la présence, simplement ? 
Pour qu'ils ne laissent pas de traces sur la balance, ou si peu? 

"Il suffit que je regarde un gâteau pour prendre 1 kg" me confiait A il y a quelques jours. 
"Je mange quand je suis heureuse. Je mange quand je suis malheureuse" disait P. 
"Je suis la grosse qui fait rire. Je jouerai mon rôle pour les fêtes" ajoutait M. 

Alors, c'est le combat. Le stress. 
 qui monte à l'idée des fêtes qui approchent, des repas chez les amis, des repas organisés à la maison. Tout ce qui est en lien avec  l'assiette est source de tensions intérieures. Des tensions sourdes, qui pèsent lourds dans le quotidien, car la honte, la culpabilité s'en mêle. 

Mesdames, messieurs. Vous êtes si nombreux à souffrir. Sachez-le. Vous n'êtes pas seuls. 
Le contexte alimentaire et les injonctions au bien-manger se chargent d'alourdir le poids sur les épaules des mangeurs. Un poids qui s'installe, qui alourdit les silhouettes. Et qui rend la vie plus dure. 

Ce n'est pas un article, ni un compte Instagram qui résoudra des troubles des conduites alimentaires de type anorexie, boulimie. 
Mais je défends l'idée que chaque graine de bienveillance, de curiosité, de patience semée avec l'intention juste, et perçue par le mangeur avec la juste distance sera utile. 

Non, ce ne sont pas les messages dissonants en bas des pubs pour les pizzas et autres aliments modernes tels que "pour votre santé, ne mangez pas trop gras, trop salé, trop sucré" qui font preuves d'efficacité jusqu'ici. 
Tout au moins créent-ils un déséquilibre entre l'envie de manger ces aliments et le mental qui juge le comportement comme peu sain. De déséquilibre en déséquilibre, l'envahissement mental prend de plus en plus de place. 

Alors on fait quoi? 

Commençons à faire le ménage. Un ménage guidé par la bienveillance et la curiosité. 
Comprendre pourquoi manger est devenu compliqué, pourquoi nous grossissons, sans tabous . Et déconstruire les idées reçues, une par une. 

Car "pour être bon à manger un aliment doit être bon à penser", disait Claude Lévi-Strauss. 

La pensée "si je regarde un gâteau, je prends 1 kilo" me fait résister. Un temps. Lutter contre une envie au départ anodine. Qui peu à peu prend de plus en plus de place. Pour envahir tout l'espace mental jusqu'à être satisfaite. Mais satisfaite souvent sans attention, pour en finir au plus vite, et avec culpabilité. 

Alors il est temps d'agir pour ne pas élever nos enfants dans ces peurs. 
Déconstruire les idées reçues pour se faire sa propre idée de l'aliment, basée cette fois sur sa propre expérience. 

"Oser manger" est une belle lecture en amont des fêtes. Pour comprendre comment la tyrannie nutritionnelle nous a fait perdre de vue ce que nous avons en nous : la capacité de choisir les aliments en conscience et de les consommer  dans la juste quantité.  Au contact des facteurs de régulation du poids du corps : la faim, le rassasiement et la satiété. 

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